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jeudi 23 avril 2015

Sésame, ouvre-toi

Longtemps, j’ai été sur mes gardes face aux autres.
Question d’éducation, de caractère, d’expériences mal vécues. Un peu de tout ça sans doute.
Je me méfiais de tout, et de tout le monde.
La moindre remarque (même pas forcément désobligeante) sur mon travail ou sur l’éducation de mes enfants me mettait plus bas que terre.
Le moindre soupçon (de loin… de très loin…) de concupiscence me glaçait les sangs.
Résultat, j’allais dans le monde bille en tête (et bonjour les dégâts !) et souvent, je me fermais comme une huître en prenant un air vexé.

Mais ça, c’était avant ! ;-)

Avant l’atelier de dimanche dernier. 
Quel atelier ? L’atelier ECC bien sûr ! (Je ne me lasse pas de ces moments magiques. Merci Salima ! Merci Lourdes ! Et toutes les participantes.)

Le thème était « ma protection » et le message de ma page (ce que je me dis à moi-même à travers ma création) : « Ouvre-toi. Tu es en sécurité si tu es toi-même. »


photo © Aurélie B
Vous l'aurez compris, cette image
est à regarder avec votre cerveau droit ;-)

Maintenant que j’ai quelque expérience, je regarde ma vie avec curiosité et gourmandise après chaque atelier ECC pour en mesurer les effets.
Alors voilà ce que j’ai mesuré cette fois-ci :


Depuis que je passe du temps auprès de la belle, la somptueuse, la lumineuse (vous l’aurez reconnue !) abbatiale de Pontigny - cela fait un an maintenant - je rencontre des gens.

Ça avait commencé très fort lors de mon premier séjour
Et ça a continué.
J’ai rencontré un archéologue passionné et passionnant, un masseur aux mains maternantes, une lumineuse praticienne en shiatsu, un artiste à l’humour corrosif, un théologien incarnant l’accueil inconditionnel, un photographe dompteur de tigres (il a réussi à m’approcher avec un objectif… si, si ! :-) ), un merveilleux artiste caché derrière un ours mal léché (en cours d’apprivoisement)... et je sens bien que ce n’est pas fini !


photo © Arnaud CPhoto
En plus, comme ça, les curieuses
voient ma nouvelle robe faite main ;-)
Comment ?
Eh bien tout simplement en m’ouvrant à la possibilité d’une rencontre. Dans le cœur.
Ah, et aussi, parfois, en prenant mon téléphone ou en faisant un pas pour engager la conversation ;-) (« Aide-toi, le ciel t’aidera ! »).

Alors bien sûr, je te le concède ami lecteur, le monde n’est pas rose et je tombe parfois sur des oursins.
Ces rencontres sont suffisamment rares, toutefois, et les autres suffisamment riches pour m’engager à continuer dans cette voie.

Là où avant j’aurais vu un loup qui m’aurait fait changer de trottoir, soit par peur, soit par désintérêt, je découvre aujourd’hui des trésors dans des endroits invisibles au premier regard (celui du jugement).

Alors, voilà, j’ai très très envie de dire MERCI à la vie de m’offrir tant de cadeaux alors que j’ai tout juste commencé à entr’ouvrir la porte.

jeudi 16 avril 2015

Comment fait une Reine pour (ne pas ?) être une mère parfaite ?

Depuis quelques jours, il fait très chaud et mes enfants n’ont plus rien à se mettre : vêtements d’hiver inadaptés, vêtements d’été inexistants (le temps s’accélère ou bien ?!).
Donc, l’autre soir, il y a eu mutinerie.

Tous les trois ensembles : « Maman, demain, je veux mettre des affaires d’été ! ».
(Comme tu l’auras remarqué, ami lecteur, en dignes descendants de leur mère, ils veulent tout, tout de suite. Et, de préférence, tous les trois en même temps !)
Mais d’affaires d’été, il n’y en avait point.

Alors là, la panique est montée, sur le mode : si j’étais une bonne mère, j’aurais prévu… acheter (des chaussures + des vêtements) X 3 = mission impossible ce mois-ci… et en plus, je fais comment, sans voiture ! Et je fais comment pour acheter une voiture…

Bref, carabinée, l’angoisse. 
Détail qui n’en est pas un : bien sûr, j’avais mes règles donc, juste l’envie de rester au chaud sous la couette (dans ma caverne).

Bon, je gère (je vous rappelle que c’est mon métier, tout de même ! ;-) ) et je mets tout le monde au lit.

Je me pose un peu pour analyser tout çà et là, ça me saute à la figure :

La veille, j’étais moi-même allée dans un magasin essayer de me trouver des vêtements d’été car j’ai tout bazardé l’an dernier à part une jupe et deux T-shirts, je vous expliquerai pourquoi un autre jour :-).
Donc, angoisse devant mon armoire vide : « Demain, je veux mettre des affaires d’été ! » (miroirs, mes beaux miroirs !).
Dans le magasin, je n’ai rien trouvé. En revanche, sur ma lancée de créativité tous azimuts (merci le Fil Rouge !), le lendemain, j’ai acheté du tissu, du fil et j’ai décidé que si le monde de la mode ne créait rien pour moi, j’allais le faire moi-même. Non mais sans blague !

Donc, ni une ni deux, j’appelle ma mère et je lui demande si elle peut m’apporter des patrons. Tout de suite ! Eh bien, non, elle ne pouvait pas (miroir, mon beau miroir).
Eh bien, vous savez quoi ?

J’ai pleuré, j’ai fait pipi par terre et je me suis roulée dedans, c’était terrible, j’étais une enfant abandonnée, hyper malheureuse et blessée à vie parce que ma mère ne m’avait pas donné tout de suite ce que je voulais ?


photo © Aurélie Baconnet

Ben, non, en fait, je me suis lancée direct dans la confection de mon propre patron (j’aime être mon propre patron ;-) ) et ma première robe est presque terminée. J’en suis très fière ! Elle a exactement la bonne couleur, la bonne matière, la bonne forme. Elle est parfaite pour moi ! Et en plus, c’est moi qui l’ai faite ! Hé hé !

Merci Maman !

samedi 11 avril 2015

Fil Rouge ? vous avez dit fil rouge ?

Bon, c'était à prévoir, le troisième jour a été fatal...

***FATAL ERROR***

Ça fait peur quand l'ordi écrit des trucs comme ça... eh bien, là, c'était pareil, mais dans mon cerveau.
Ben, ça fait peur aussi, hein !

Bon, un jour, je changerai de croyance sur le troisième jour... :-)
Je changerai également la croyance qui dit qu'on doit toucher le fond pour rebondir plus haut...

En attendant, j'ai profité à fond d'un jeudi magnifique.

J'ai terminé l’œuvre que j'avais commencée le mardi.

"Mais qu'est-ce qu'elle a fait ?!"
Quelle curiosité, ami lecteur ! Tu ne m'as pas habituée à ça !!

Quelle importance, ce que j'ai réalisé ? Ce qui a compté pour moi, ce sont les valeurs partagées pendant cette résidence d'artistes en mouvement : partage, liberté, accueil inconditionnel, respect.


Pour ma part, cette semaine a été l'occasion de reconnecter, à travers les travaux d'aiguilles sous différentes formes, avec mes grands-mères ; et, à travers mes grands-mères, avec la puissance féminine.

J'ai pris conscience que la créativité s'exprime dans les petites choses de la vie, pour peu qu'on y mette de la conscience.

Bon, les filles ont toutes dit que je devrais porter ma création sans rien dessous...
...
Je ne suis pas encore prête pour vous montrer la photo.
...

mercredi 8 avril 2015

Fil rouge - 2e jour

Aujourd'hui... ah ah.... aujourd'hui...
J'ai pris conscience d'une chose qui s'était passée hier. Oui, c'est toujours comme ça, je comprends vite, mais il faut m'expliquer longtemps.

Aujourd'hui, j'ai libéré ma créativité bien plus qu'hier ;-)



Parce que, hier, il faut bien le dire, j'avais bidouillé.

Bien que le temps d'installation m'ait permis d'atterrir en douceur, j'ai gravement bidouillé.
Bon, objectivement, j'ai fini trois pièces, donc ça n'est pas si mal.
Mais dans ma tête, voilà comment ça s'est passé :
D'abord, je commence un collier, et la petite voix me dit : "Tu es en train de copier Salima... qu'est-ce qu'elle va dire ?". Vous vous souvenez ? le dévalorisateur !
Eh bien, je l'ai laissé parler.
3 secondes.
Il a disparu.

Puis, évidemment, je ne suis pas trop contente, ça ne marche pas comme je veux, et gna gna gna, et gna gna gna... Le dévalorisateur toujours : "Tu bidouilles, là, tu bidouilles. Franchement, c'est pas terrible ce que tu fais."
3 secondes.
Il a disparu.

Résultat de la journée : j'ai fini trois pièces. Fini ! Des trucs que j'avais commencé ! Oui Madame !!!
Tout est possible :-)
Et aujourd'hui, alleluia ! J'ai fait un truc vraiment perso.




Pourquoi ? Comment ?
Parce que, hier, j'ai accueilli cette sensation de bidouillage. Je me suis dit : "Tu bidouilles, c'est OK." Pas de jugement. Cela est.
Je bidouille.
Ben, ouais, c'est ça, je bidouille. Exactement.
Et j'ai continué à bidouiller.
Et c'est exactement à ce moment-là que j'ai cessé de bidouiller.

Bon, je ne sais pas si c'est très clair, parce qu'il est tard et que j'ai 10 heures de création dans les pattes...
Si c'est plus clair pour vous, remplacez "bidouiller" par "merdouiller". Chacun son vocabulaire ;-)