mardi 30 avril 2013

Une démonstration vaut mieux qu’un long discours

Un jeune lionceau abandonné fut recueilli par des moutons, qui l’élevèrent à leur manière. Le lionceau s’efforçait de manger de l’herbe, ce qui ne l’enchantait guère, et de bêler, ce qui lui était difficile.
Quand un chacal s’approchait du troupeau, le jeune lion s’enfuyait, épouvanté, imitant en cela les moutons.
Un jour, un lion adulte surgit en haut d’un rocher dominant la plaine. Tous les moutons s’enfuirent, et le lionceau avec eux.
Le lion poursuivit le troupeau et saisit le lionceau par la peau du cou. Il l’emporta. Le petit lion frissonnait de peur et se voyait déjà croqué.
Ils arrivèrent au bord d’un fleuve. Le lion déposa le lionceau sur la berge et le poussa jusqu’au bord de l’eau. Puis il s’assit à côté de lui et pencha sa tête sur l’eau du fleuve.
Le lion et le lionceau se reflétaient ainsi côte à côte. Le lionceau vit qu’il ressemblait au lion. Il se rassura.
Les deux animaux se désaltérèrent, puis ils s’éloignèrent ensemble.

Conte tiré du Cercle des menteurs, contes philosophiques du monde entier de Jean-Claude CARRIERE (Plon, 1998)

2 commentaires:

  1. Arff...pas assez intelligent pour comprendre toutes les subtilitées....
    De manière générale, pourrais-tu décoder et analyser tes articles STP Aurélie, on en ressortirait encore plus eveillés.

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    1. Bonjour Anonyme
      Je préfère effectivement, quand je cite un conte, ne pas le commenter, car les interprétations peuvent être diverses (et je peux ne pas avoir tout compris ;-)).
      Merci pour ton commentaire et au plaisir !

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